Editorial
(extrait d'un texte général sur l'industrie du multimédia éducatif, à voir dans la partie " Pour discuter ")
Le développement des usages par les élèves et les enseignants, ensemble au sein des institutions éducatives, ou séparément dans la composante domestique, de " back-office ", de leurs activités respectives, est inéluctable. Mais pour les producteurs privés soucieux de rentabiliser leurs investissements, le marché est risqué et il le restera. Les scénarios d'échec, provoqués par exemple par le développement de pratiques autarciques au sein des institutions publiques, sont plus faciles à imaginer que les scénarios de réussite. Si bien que le premier conseil qui doit être adressé aux industriels est le suivant : soyez certains que ce ne sera pas facile ; ne pêchez pas par orgueil ou par excès de confiance ; certes, le marché se développera, mais il pourrait aussi bien se développer avec vous que sans vous
D'une certaine façon, la situation actuelle renvoie les éditeurs aux fondements de leur métier : repérer des créateurs et donner la plus large audience à leurs uvres. Pour les éditeurs traditionnels, ce retour aux sources est en même temps un appel à haut risque en direction d'une autre culture, celle du multimédia et plus encore du réseau. De leur côté, les éditeurs spécialisés ne continueront à tirer profit de la position avantageuse qu'ils occupent actuellement qu'à la condition de l'équilibrer par une connaissance accrue des problématiques d'éducation. D'un côté comme de l'autre, les stratégies éditoriales fondées uniquement sur des études de marché où les auteurs n'interviennent que pour mettre en forme des projets conçus pour coller à ce que les managers croient être la demande, touchent leurs limites. Pour donner un souffle nouveau à leur inspiration, les industriels doivent se mêler aux " habitants " des réseaux électroniques de l'éducation : c'est là qu'ils trouveront leurs futurs auteurs.
On entend souvent dire que, sur le marché
du multimédia éducatif, seul le secteur domestique
serait rentable et prometteur. C'est en partie vrai. Les producteurs
doivent-ils pour autant tout miser sur cette seule composante
du marché ? C'est logiquement la stratégie
d'industriels tels Disney ou les éditeurs de jeux
vidéos pour qui le multimédia éducatif est
une composante d'une offre globale de loisirs électroniques
et audiovisuels destinée à la famille. Mais cette
stratégie n'est pas forcément recommandable aux
producteurs spécialisés dans l'éducation.