Editorial
Sur les usages
La question des usages prend de l'importance. Pour de bonnes et de mauvaises raisons. Parmi les mauvaises, le traditionnel effet de mode : un débat intéressant ou simplement prometteur, gonflé par l'emphase de certains commentaires, peut devenir, sans le mériter, crucial, central, déterminant, stratégique ; de plus en plus nombreux seront alors ceux à s'y montrer parce que, c'est bien connu, on se donne de l'importance à participer à des débats supposés en avoir Quoiqu'il en soit, dans le domaine des technologies de l'information et de la communication, les usages constituent, aujourd'hui encore, un continent qui intrigue les chercheurs et les observateurs, sans doute parce que, longtemps abandonné à la seule curiosité orientée des tenants du marketing, il leur reste largement inconnu.
Plusieurs études récentes disponibles sur le Web (voir ci-dessous), dont nous avons déjà donné ici écho et auxquelles l'OTE a parfois participé, portent en effet sur les usages des technologies en réseau dans le champ de la culture et de l'éducation.
Au-delà des effets de mode, l'OTE est convaincu que l'analyse des usages actuels des technologies dans les établissements d'enseignement, aidera, non seulement à comprendre " ce qui s'y passe ", mais également à repérer les usages présentant un potentiel pédagogique réel et à éclairer la voie des institutions publiques et privées intervenant dans l'équipement des établissements, la formation des enseignants, la production de contenus.
Au cur du débat sur la question des usages, se pose celle de la méthode. Mais commencer par elle, c'est prendre le risque de ne jamais commencer Pire encore, s'il s'agit de construire un observatoire, comme le suggère en France le ministère de l'Education nationale, il faudra commencer par décider où l'observatoire sera construit, ce qu'il observera, avec quels instruments et à qui seront livrés ses résultats.
Car les usages, c'est la vie même, dans toute sa complexité ; chaque usage ne peut être compris que dans sa singularité, plongé dans le substrat social et la trajectoire personnelle qui lui donnent son sens. Pour rendre compte de tels phénomènes, il n'y a pas de bonne méthode, seulement des approches différentiées et forcément réductrices qui choisissent d'emprunter à telle ou telle discipline des sciences humaines.
Pour aborder cette épineuse question, nous avons choisi
un texte de Joelle Le Marec,
aujourd'hui enseignante-chercheuse à l'université
de Lille III après avoir animé la cellule évaluation
des expositions de la Cité des Sciences et de l'Industrie.
L'empirisme revendiqué par l'auteur, s'inspire des pratiques
de certains ethnologues. Cette approche a l'avantage d'avoir été
mise à l'épreuve plusieurs fois depuis 1997 au cours
d'observations et d'analyses référencées
ci-dessous, et qui se poursuivront en 1999. Ainsi, on pourra prendre
connaissance en même temps des présupposés
de la méthode, de ses résultats, de ses atouts et
de ses limites.
Usages des technologies d'information et de communication pour l'éducation et la culture.
Quatre références d'études récentes.