Editorial
Partout en France et en Europe, les collectivités territoriales sont confrontées à la question du développement des réseaux et de leurs usages, en particulier dans les institutions éducatives et culturelles dont elles ont la charge : bibliothèques, écoles, musées, collèges, maisons de la culture, lycées. Le croisement de l'éducation et de la culture dans cette liste est intentionnel : pour les responsables politiques, l'éducation et la culture sont, sur cette question particulière des réseaux, très souvent mis " dans le même sac ", et il faut s'en féliciter, de même qu'il faut se féliciter du traitement local, donc rapproché, des problèmes.
Cependant, le choix des équipements technologiques, le développement de services et de contenus appropriés, appellent aussi des analyses communes ; c'est pourquoi, un niveau de réflexion et même de décision plus éloigné du local, par exemple le niveau national ou même international, peut s'avérer utile et fécond. On voit ainsi des collectivités locales se tourner vers des organismes nationaux pour leur demander conseil, soutien, encouragement ; une solution tout prête en dernière extrémité.
L'exemple de la région Wallonne où le ministère de l'équipement pilote par le haut un ambitieux plan de cablage, d'équipement des établissements d'enseignement et de création de lieux d'accès publics est particulièrement spectaculaire et représentatif d'une tendance centralisatrice dont on voit bien qu'elle n'est pas l'apanage des pouvoirs nationaux.
Il sera aussi intéressant de suivre dans les mois qui viennent l'expérience initiée en France par la Caisse des Dépôts et Consignation consistant à expérimenter un dispositif d'accès public aux technologies de l'information et de la communication appelé " Cyberbase " dans 6 villes (Lille, Toulouse, Montpellier, Vesoul, Aurillac, Savernes). Dans le même registre, on observera avec intérêt les initiatives prises par France Télécom au travers de sa filiale CITCOM.
A côté de ces tentatives de constitution par le haut d'une réponse totalement ou partiellement normalisée, on voit des communes adopter une démarche plus remontante consistant à se regrouper pour mutualiser leurs moyens, leurs idées, leurs projets. Les communes du nord de l'Ardèche, pionnières sur cette voie, ont constitué en 1996, dans ce but, le Syndicat Intercommunal des Inforoutes de l'Ardèche qui a permis de créer, en 2 ans, 8 centres d'accès publics et d'équiper plusieurs dizaines d'écoles. Plus récemment, les 80 communes de la périphérie de Paris adhérentes du SIPPEREC (Syndicat Intercommunal de la Périphérie de Paris pour l'Electricité et les Réseaux de Communication), ont choisi de se doter d'un réseau privé de télécommunication commun et d'y expérimenter ensemble divers services éducatifs, culturels et sociaux.
Dernier exemple, la création en 1998 par le Ministère de la Culture et de la Communication de 90 " Espaces Culture Multimédia " installés dans des institutions culturelles existantes. Il s'agit là d'un cas intéressant puisqu'il résulte d'un panachage astucieux d'approches (par le haut et par le bas) et de niveaux (national, régional, communal) divers.
De ces démarches, aucune n'est " sur le papier " meilleure que les autres. C'est une position purement idéologique de croire qu'il faudrait toujours préférer le gentil " bottom-up " au vilain " top-down ". Il y a autant d'erreurs à commettre des deux côtés. Heureusement
Pour en savoir plus sur les expériences citées :
Cyberécoles
de Wallonie
Cyberbase de
CDC
Espaces Multimédia
dans la ville de CITCOM
Inforoutes
de l'Ardèche
Réseau du SIPPEREC
ECM
du Ministère de la Culture et de la Communication