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Polémique estivale

Est-ce la faute d'un mois d'août maussade ? Une chronique trouvée sur le site de nos collègues canadiens de l'Infobourg le 20 juillet nous a donné envie de protester contre certaines idées qui semblent faire leur chemin et auxquelles nous n'adhérons pas.

Les auteurs incriminés dans cette polémique (Oppenheimer, Duchateau, Papert), observant que les ordinateurs à l'école, " ça ne marche pas ", du moins pas aussi bien qu'on aurait pu le penser ou l'espérer, se demandent si la faute n'en reviendrait pas à l'école elle-même dont le mode de fonctionnement serait en définitive incompatible avec l'usage des technologies. Il y a bien sûr du vrai là-dedans. Mais ils en tirent chacun une conclusion, et nous ne sommes d'accord avec aucune d'elles ! Oppenheimer, pragmatique, suggère simplement de renoncer à un projet qui ne donne pas de bons résultats ; Duchateau, plus ambitieux, croit au contraire qu'il faut procéder à de profondes réformes institutionnelles ; Papert, visionnaire et fataliste, est convaincu que l'école est condamnée et que l'affaire se jouera au niveau des familles. Si nous avons provoqué cette brève polémique, c'est parce que nous croyons que l'idée suivant laquelle il faudrait transformer l'école pour la rendre apte à accueillir les technologies est une idée qui se répand et qui nous semble dangereuse.

Elle encourage à faire des technologies la finalité de la réforme des méthodes éducatives, ce qui ne peut pas et ne doit pas être. On voit cette idée à l'œuvre chaque fois que l'image de l'école du futur est celle d'une salle de classes peuplée d'ordinateurs où les élèves, faces à leurs écrans, tournent le dos à leur professeur qui se trouve alors mis en demeure, suivant une expression trouvée par un chercheur québecois, d' " enseigner par-dessus l'épaule ". Si l'informatique à l'école doit être cela, s'il s'agit d'habituer les professeurs à enseigner à des élèves qui leur tournent le dos, alors mieux vaudrait en effet y renoncer tout de suite.

Heureusement, ce que nous observons sur le terrain ne correspond pas à cette vision. On voit par exemple, dans les lycées notamment, se développer des formes d'usages séparés entre les enseignants et les élèves, chacun de son côté exploitant l'outil informatique en-ligne et hors-ligne dans le cadre de son travail de " back-office " ; mais au moment de la rencontre, en cours, rien n'impose l'usage des machines. Celui qui passe furtivement devant la classe en tirera la conclusion que rien n'a changé. Et pourtant…

Le constat doit donc être nuancé et, de notre point de vue, il encourage plutôt à l'optimisme.


ote@worldnet.fr

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