Europe
et au-delà
La cinquième édition de la conférence internationale sur la formation basée sur la télématique "Online Educa Berlin 99" se tiendra du 24 au 26 novembre 1999 à Berlin. Elle est organisée sous le patronage du ministre allemand de l'éducation et de la recherche. Les sujets abordés seront les suivants :
conception et redéfinition du contenu et de la méthodologie pour la transmission en ligne ;
gestion des connaissances dans le secteur industriel ;
l'université flexible et virtuelle ;
l'innovation et l'excellence dans la réalisation d'une formation ouverte et flexible ;
les PME et la formation basée sur la télématique ;
la formation linguistique télématiques ;
la formation à distance dans les pays en voie de développement et les pays en transition.
Davantage d'informations sur la conférence sont disponibles sur : http://www.online-educa.com
Contact : ICEF Berlin - Mme Sylke Sedelies Niebuhrstr. 69a D-10629 Berlin
tél. : +49-30-32766140 fax : +49-30-3249833 e-mail : ICEFBerlin@aol.com
L'Europe à l'horizon 2020 par l'association Prometheus
Archive : Appel conjoint Multimédia éducatif : premier bilan
Archive : Appel
à propositions "Task Force Logiciels Educatifs Multimédias"
Une Task force recherche-industrie a été mise en place par les Commissaires E. Cresson et M. Bangemann en mars 1995 pour dresser un bilan des facteurs favorables et des obstacles au développement du Multimédia éducatif en Europe, et formuler des recommandations en vue d'optimiser les actions des programmes européens dans ce domaine.
Après avoir associé à ses travaux plus de 150 personnes représentant le monde éducatif et industriel, reçu plus de 2000 manifestations d'intérêt des différents acteurs du multimédia éducatif en Europe, la Task force a remis ses premières conclusions en juillet 1997. Sur la base de l'analyse menée, des réactions positives suscitées par les travaux de la Task force, et du plan de travail commun qu'elle a adopté le 13 décembre 1996, la Commission a lancé un appel à propositions conjoint le 17 décembre 1996.
Les programmes participants à cet appel vont des programmes de recherche Technologies de l'information (DG III), Applications Télématiques (DG XIII), et Recherche socio-économique finalisée (DG XII), au programme de déploiement des infrastructures et services de télécommunications TEN-Telecom (DG XIII), et aux programmes d'éducation et de formation Socrates et Leonardo da Vinci (DG XXII). La priorité est allée aux propositions concernant plusieurs programmes, ce qui constitue la grande originalité de cet appel. Ainsi, la recherche technologique peut-elle s'accompagner de démonstration en site réel, de recherches sur les usages, de diffusion des pratiques.
L'appel à propositions conjoint a connu un grand succès : 4114 entreprises ou organisations européennes ont présenté plus de 800 pré-propositions en mars dernier sur lesquelles 107 ont été sélectionnées pour la seconde phase de l'appel, à la fin juin 1996. A cette échéance, 106 propositions ont été reçues et ont fait l'objet d'une seconde évaluation avec l'aide de 49 experts indépendants désignés par les six programme impliqués dans l'appel. Cette affluence, si elle a fait des déçus, reflète bien l'immense intérêt que suscite le multimédia éducatif en Europe et les fortes potentialités de ce marché.
Plusieurs innovations ont permis de mener à bien ces travaux, dans un souci de simplification des procédures. Si plusieurs programmes sont impliqués, la Task force a constitué un guichet unique vis-à-vis de l'extérieur tant pour l'introduction que pour l'évaluation des propositions. Elle le demeure pour la gestion des projets, puisque les relations avec les consortia passent par un unique interlocuteur, désigné au sein de la Task force et assisté d'une équipe représentant les différents programmes concernés.
La mise en place d'une évaluation en deux étapes a permis d'économiser du temps et des efforts pour les candidats dont les projets n'ont pas été jugés de qualité suffisante en mars 1997, tout en facilitant la tâche des consortia retenus, qui ont pu bénéficier des conseils des évaluateurs avant de soumettre leur proposition finale, en juin 1997.
Sur le plan des procédures internes, cet appel a démontré qu'il est possible de faire coopérer avec efficacité différents programmes, ouvrant ainsi des possibilités de synergies entre les multiples activités communautaires traitant du multimédia.
1. Les résultats de l'évaluation finale (juin 1997)
Sur ces 106 propositions, 47 ont été sélectionnées et réparties dans trois listes de priorités différentes. Elles représentent une demande de financement de 50 Mécus et pourront être financées grâce à un complément provenant du programme TEN -Télécom et au supplément budgétaire du 4ème Programme cadre alloué à la Task force par le Conseil et le Parlement européen.
Une première liste de 19 propositions prioritaires a été établie (shortlist). Elle assure une bonne couverture des programmes participants ainsi que des quatre secteurs d'activité du Plan de travail commun approuvé par la Commission le 13 décembre 1996, à savoir :
- La recherche technologique sur les outils et services.
- La recherche, l'expérimentation et la diffusion d'outils, de services et de méthodes innovantes :
Beaucoup de propositions couvrent plusieurs secteurs d'activité (formation initiale et continue, recherche technologique et écoles).
La première liste de réserve regroupe les 16 propositions couvrant essentiellement les écoles (11 propositions) et la formation professionnelle (5 propositions). La seconde liste de réserve (12 propositions) porte de façon équilibrée sur les quatre secteurs d'activité du plan de travail.
2. Les caractéristiques des propositions
2.1. Les acteurs impliqués
Quelque 870 entreprises et organisations étaient impliquées dans les 106 propositions soumises à l'évaluation finale. Elles sont 425 à prendre part dans les consortia des propositions retenues pour figurer sur la liste prioritaire et la première liste de réserve.
Parmi ces partenaires, on trouve 36 % d'universités, 23 % d'entreprises dont 15% de PME (moins de 250 salariés), et 13 % d'écoles du primaire et secondaire. Ces acteurs peuvent être classés sous la typologie suivante :
2.2. Les activités et thèmes couverts
De nouveaux outils pour les apprenants, les enseignants et les producteurs de multimédia éducatif seront développés et expérimentés dans le cadre des projets sélectionnés :
De nouveaux environnements d'apprentissage et d'enseignement à distance reposant sur des réseaux, technologies et services éprouvés (Internet/Intranet, RNIS; ADSL, vidéo-conférence) ou plus avancés (télévision numérique, ATM, hypermédias, réalité virtuelle, 3D), seront expérimentés. Les approches pédagogiques sont variées : elles vont de la mise en place d'un suivi personnalisé et automatisé des élèves, à la création d'environnements favorisant la construction personnelle du savoir et le travail coopératif, y compris dans un cadre ludique.
Les projets sélectionnés couvrent également des recherches sur :
Plus de la moitié des propositions sélectionnées développent des produits, méthodes et services pour les écoles. Plusieurs d'entre elles mettent l'accent sur la recherche cognitive, l'expérimentation de nouveaux modes d'enseignement et d'apprentissage, l'échange de bonnes pratiques et la diffusion de l'information. Certaines mettent en place des réseaux d'écoles, voire des réseaux de réseaux nationaux ou régionaux avec l'appui des ministères de l'Education des Etats membres. D'autres favorisent les échange entre institutions publiques (Parlement européen, musées) et écoles.
La formation des enseignants aux nouvelles technologies et à leur usage est abordée dans la plupart de ces propositions. Certaines développent des matériels pédagogiques à cet effet et mettent en place des réseaux d'enseignants permettant le travail en commun et l'échange d'expériences.
Des modèles pour la facturation des services aux écoles doivent être également expérimentés et la question des droits de propriété intellectuelle fait l'objet d'un traitement spécial dans plusieurs propositions.
Certaines disciplines scolaires sont plus particulièrement abordées : l'histoire et la géographie, les langues, l'environnement. D'autres sujets plus transversaux sont également traités comme le Parlement européen, l'histoire du théâtre, le jardinage. Le jeu est utilisé comme métaphore dans le cadre d'approches pédagogiques innovantes.
Les propositions portant sur la formation initiale et continue des étudiants et des professionnels utilisent elles aussi les technologies et approches innovantes (réalité virtuelle, outils de navigation et de tutorat intelligents, Internet et réseaux à haut débit etc. pour des modes d'apprentissage recourant aux simulations et à la collaboration). Elles couvrent les professionnels dans le domaine de la santé (formation des médecins généralistes, spécialistes et professions paramédicales), du droit, de la micro-électronique, de la métallurgie, de l'industrie textile, de l'aéronautique etc.
Plusieurs propositions doivent permettre de mieux exploiter le patrimoine culturel européen en favorisant l'accès aux archives numérisées des musées et des télévisions. La dimension linguistique est également présente avec des recherches sur l'élaboration, l'utilisation et l'accès à des ressources multilingues et bien entendu dans le cadre des propositions dédiées à l'apprentissage des langues.
La diffusion des résultats de ces projets sera assurée par la présence, dans les consortia, de réseaux d'acteurs européens, qu'il s'agisse de réseaux d'écoles, de centres de ressources, d'associations, ou d'institutions publiques (ministères de l'éducation et Parlement européen en particulier).
3. Les enseignements de cet appel conjoint
Le nombre élevé de réponses à l'appel conjoint de la Task force et la qualité des propositions soumises à évaluation montre bien l'intérêt que soulève le Multimédia éducatif en Europe ainsi que le fort potentiel d'activité dans ce secteur.
La nature trans-programme des propositions permet à la fois une bonne couverture du Plan de travail commun et une meilleure efficacité de l'emploi des budgets des différents programmes impliqués. Ainsi, l'effort de programmes faiblement contributaires à l'appel comme la Recherche socio-économique finalisée, Socrates ou Leonardo da Vinci se voit-il amplifié par la dimension expérimentale offerte par le programme Applications télématiques. En retour, ils apportent aux projets technologiques la dimension essentielle de la recherche cognitive et sociale, une forte implication des utilisateurs et la perspective d'une large diffusion des résultats.
Marielle RICHE-MAGNIER
Le 20 mars 1997, à l'occasion de la troisième réunion de coordination des projets du programme "Applications télématiques - secteur éducation et formation", Luis Rossello a communiqué les informations "semi-officielles" suivantes.
1. Appel à propositions "Task Force Logiciels Educatifs
Multimédias"
Environ 800 propositions ont été reçues.
Elles font l'objet d'un premier tri par la Commission avant d'être
distribuées aux évaluateurs en tenant compte des
différentes composantes de l'appel. L'évaluation
commence le 5 avril et devrait durer deux semaines. Ses résultats
seront rendus publics autour du 29 avril mais les projets retenus
seront avertis quelques jours auparavant. La prévision
de la Commission est de retenir environ 70 pré-propositions,
invitées à détailler leur projet avant le
15 juin, parmi lesquelles, de 25 à 30 propositions pourraient
être retenues définitivement. L'expérience
du passé montre que les prévisions (ou plutôt
les souhaits) de la Commission sont souvent dépassés
dans les faits de 50 à 100%...
Le budget disponible est aujourd'hui de 42 Mecus. Cependant,
le Parlement souhaite qu'il soit porté à 54 Mecus.
2. Cinquième Programme cadre
La préparation du 5ème programme
cadre de recherche développement (1999 - 2004) se poursuit.
La géométrie du programme proposée par la
Commission comporte trois programmes thématiques et trois
programme dits horizontaux. Les titres sont donnés ici
en anglais pour éviter les risques de contresens.
Les trois programmes thématiques (Living World and Ecosystem, Information Society, Competitive and Sustainable Growth) comportent des "Key-actions" et des "Generic technologies basic research". Les trois actions horizontales (Intenational role, Innovation and SME, Human Potential) comportent des actions de coordination avec les trois programmes thématiques et des actions spécifiques.
On retiendra de cette annonce, la convergence des trois programmes
ACTS, TAP et ESPRIT (qui serait donc de retour à la DGXIII)
dans un seul programme sur le thème "société
de l'information". Pour Luis Rossello, le secteur éducation
- formation serait l'un des thèmes forts de ce programme
pour ce qui concerne les domaines d'application.
L'année 1997 sera une année très importante
pour les programmes de Recherche et Développement soutenus
par la Commission européenne dans le domaine des technologies
éducatives. Deux programmes sont concernés, tous
deux pilotés par la même équipe de la DGXIII,
celle de Michel Richonnier, Directeur à la fois du Programme
"Applications Télématiques" (AT) et de
la Task Force "Logiciels éducatifs et multimédias"
(TF). On peut s'étonner a priori que les deux initiatives
n'aient pas convergé en un unique appel d'offre, ce qui
aurait été à la fois logique et pratique
pour les porteurs de projets. D'autres considérations ont
prévalues.
1. Le programme "Applications Télématiques
pour l'éducation et la formation", dirigé
par Luis Rossello lance son dernier appel à propositions
du quatrième programme cadre de recherche et développement
(1994-1998) pour un montant de 9 Mecus. Les candidatures devront
être reçues par la Commission avant le 15 avril 1997.
Deux types de projets sont attendus. D'une part, les trente projets
ayant démarré en 1996 pour une durée de 2 ans,
pourront soumettre une proposition pour être prolongés
d'un an. D'autre part, de nouveaux projets d'une durée
d'un ou deux ans pourront se présenter. Il est probable
qu'une prime à la sortie sera accordée aux projets
en cours ayant déjà donné de bons résultats.
De ce fait, les nouveaux projets auront fort à faire pour
s'imposer. Le second appel à projets, mieux doté
et plus ouvert doit être considéré avec plus
d'attention.
2. La Task Force "Logiciels éducatifs multimédias" est une initiative nouvelle des Commissaires Cresson et Bangemann visant, entre autres, à explorer des voies nouvelles pour le 5ème Programme Cadre. Trois programmes de R&D, AT déjà cité, ESPRIT sur les technologies de l'information de la DGIII et le programme de Recherche socio-économique finalisé de la DGXII se sont associés avec les programmes SOCRATES et LEONARDO de la DGXXII, ainsi qu'avec le programme de réseaux trans-européens TEN, pour lancer un appel a projets communs sur le thème du multimédia éducatif. Le budget prévu est de 30 Mecus auquel s'ajoutera une contribution complémentaire de 12 Mecus. Chacune des composantes du programme a défini ses propres priorités, celle du programme joint en est la somme, ce qui complique singulièrement la tâche des candidats. La procédure se déroule en deux temps. Une première proposition dite "proposition courte " (une dizaine de pages) devra être envoyée à la Commission avant le 14 mars 1997. Seule une partie de ces propositions sera retenue pour participer à un deuxième tour : les consortiums retenus au premier tour pourront envoyer une proposition détaillée avant le 16 juin 1997. Les projets retenus démarreront en janvier 1998 et dureront généralement deux ans.
L'appel est très ouvert. Aucun public, qu'il relève
de l'éducation ou de la formation professionnelle, aucune
technologie, on-line ou off-line, aucune orientation, de la recherche
à la réalisation d'applications ne sont exclus.
Le programme INFO2000 de soutien à l'industrie des contenus
ne participant pas à la consultation, les projets purement
orientés vers la production de ressources pédagogiques
auront toutefois des difficultés à s'imposer. A
l'inverse, les projets transversaux intégrant recherche
pédagogique, innovation technologique, expérimentation
et validation à large échelle sont recherchés,
dès lors que les consortiums, véritablement européens,
apporteront la preuve de leurs capacités à réaliser
les projets soumis.
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Impressions d'Amériques par Amid BENDOUBA,
Ministère de l'emploi et de la solidarité, Délégation
générale à l'emploi et à la formation
professionnelle (DGEFP),
Email : abend.ed@imaginet.fr - Tél : 33 1
44 38 28 62 - Fax : 33 1 44 38 34 07
Participation à un séminaire itinérant en Californie du 3 au 10 mai 1997 sur le thème de la contribution des nouvelles technologies aux systèmes de formation.
La présente note constitue un extrait d'un premier compte-rendu sur le séminaire itinérant "education and learning : the contribution of new technologies" organisé en Californie, du 3 au 10 mai 1997, auquel nous avons participé dans le cadre d'un groupe d'acteurs de la formation constitué à l'initiative de la chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP) et du PREAU, organisé par WDHB Consulting Group (baudry@wdhb.com)
Le télé-achat et la TV à la demande constituaient, il y a peu, l'objet principal des premières expérimentations sur les autoroutes de l'information (câble et bouquets satellitaires). Le commerce électronique est une activité en développement majeur sur le web (par exemple Dell Computers vend pour uen valeur de 2 millions de dollars par jour sur le web, c'est à dire plus que l'estimation du total du commerce électronique pour 1996). Néanmoins, l'éducation et la formation, paraissent pour les opérateurs un marché majeur (tout comme la santé et l'administration générale). Tout avance très vite et selon une expression désormais bien galvaudée "un trimestre internet équivaut à une année civile".
1 / Le marché de la formation à distance
En raison principalement du réseau INTERNET, les Etats Unis connaissent un véritable développement du marché de la formation à distance. La formation à distance n'est plus l'apanage de quelques institutions. Toutes les institutions éducatives y ont recours et se dotent donc de départements spécialisés. Rien que dans le secteur universitaire, près de 300 établissements offrent une formation électronique à distance. L'université de Phenix est la première université ayant mis toutes ses formations "en ligne" (coût d'un crédit : 900 $, coût pour un diplôme de niveau Master sur deux ans : 24 000 $). Ceci n'est pas sans conséquences sur l'organisation du secteur. Le marché semble porté principalement par la demande des entreprises et donc ce sont plutôt les institutions qui s'occupent de formation technique ou professionnelle qui connaissent les mutations plutôt que les institutions spécialisées dans la formation générale initiale (dans lesquelles l'enseignement reste largement académique).
2 / Rôle des éditeurs
Les grands éditeurs de produits multimédias éducatifs passent d'une logique de produits à une logique de services. Concrètement les opérateurs ne se contentent plus de diffuser un produit standard multimédia. Ils s'engagent dans la fourniture de véritables services formation (combinaison de séminaires en direct, services questions-réponses, les banques de données, les discussions libres ou dirigées synchrones - "chat" - ou asynchrones - "forums"- plus adaptées aux contraintes des fuseaux horaires). De fait, on constate en Californie l'entrée de grands investisseurs dans le marché de la formation essentiellement professionnelle, à travers aussi bien de grands groupes informatiques (SUN, ORACLE, etc.) que de petites sociétés "start up" (Digital think, etc.) financées par du capital-risque.
3 / Stratégies des offreurs :
a) au plan commercial
Il n'est pas exagéré de dire que c'est une invasion des produits et services américains qui se prépare à l'échelle planétaire grâce aux réseaux informatiques. Les acteurs américains ne font d'ailleurs pas mystère de leur ambition, même si la majorité de leurs clients se situe encore pour le moment aux Etats-Unis. A l'université de San Francisco on nous a parlé de "knowledge value revolution", ce qui signifie pour eux que le savoir n'est désormais plus localisé, il n'est ni américain, ni français. Deux cibles : le grand public, vers lequel il n'y a même pas d'effort marketing à faire puisqu'il vient tout seul (et pas seulement des Etats Unis) sur le réseau (internet). En ce qui concerne les entreprises, ce sont d'abord les multinationales qui sont concernées au travers principalement de leurs filiales à l'étranger (en particulier en Europe). Les tarifs pratiqués sont très attractifs. Par exemple, un cours facturé 187 $ pour trois mois d'accès à un particulier, peut être vendu 2 à 3 $ par personne à une entreprise pour 30 000 utilisateurs sur une année (il s'agit de la Shell Hollande). Les segments du marché qui sont concernés, pour le moment sont: les sciences pour l'ingénieur, le management, la gestion-comptabilité, les bases de données. L'ensemble des opérateurs que nous avons rencontrés n'excluent pas de s'engager sur d'autres contenus plus généralistes. Ils s'attaquent pour le moment à quelques niches présentant un faible risque d'investissement et pour affiner leur démarche éditoriale et marketing.
La stratégie marketing est affirmée chez l'ensemble de nos interlocuteurs. Il est significatif de constater que nous n'avons jamais entendu le terme d'"expérimentation" dans la bouche de nos interlocuteurs (alors que celui-ci est utilisé à profusion en France).
b) au plan éditorial et des démarches pédagogiques :
La tendance est à la "granularisation" des contenus( terme introduit par un des participants au séminaire) , en raison du développement du "learning on the job" (formation sur le lieu de travail) et d'analyses de stratégie commerciale : les cours proposés varient entre 3 minutes et 6/8 heures.
La construction de ces modules de "développement des compétences" a été évidemment favorisée par les nouvelles technologies mais n'a pas recours pour autant aux seuls multimédias. La tendance consiste plutôt en la diversification et la juxtaposition de situations d'apprentissage "réelles" (sur le poste de travail) et virtuelles (simulation).
Deux autres évolutions méritent d'être signalées : le développement des communautés virtuelles autorisant ainsi un réel échange entre apprenants, l'individualisation marquée des des apprentissages (par exemple chez Digital Think, les tuteurs font évoluer les contenus en fonction de l'observation des conversations entre participants).
Nous n'avons pas eu l'occasion, durant nos visites, de prendre connaissance d'éventuels outils pour l'auto-évaluation. En revanche, nos interlocuteurs nous ont affirmé qu'ils privilégiaient une démarche d'évaluation basée sur les résultats à atteindre (réalisation d'un projet, confirmation d'une performance sur le poste de travail, etc.).
La demande des entreprises semble s'orienter plutôt vers "l'organisation apprenante" ou "communauté apprenante" fondée sur l'alternance des situations de travail et de formation mais toujours sur le lieu de travail. La mise en oeuvre d'une telle organisation de l'apprentissage repose sur la capacité d'encadrement des cadres intermédiaires, la qualité des supports pédagogiques utilisés (audiovisuels, simulateurs, télé-tutorat à distance, etc.) et surtout la prédisposition du salarié à apprendre à apprendre.
Par contre la qualité de nombreuses applications que nous avons vues ou consultées aux Etats Unis, ne semble globalement pas aussi convaincante qu'on aurait pu le penser. ce qui ne veut pas dire qu'il n'existe pas des produits de qualité (exemple : site de "l'exploratorium" de San Francisco - qui a obtenu le premier prix des applications sur le Net). En raison de la demande, et compte tenu de la très forte concurrence, il semble que le délai de sortie de nouveaux services soit privilégié, quitte à les améliorer ensuite progressivement mais très régulièrement (en moyenne tous les trois mois) en sollicitant fortement le consommateur. Le dirigeant d'une "start up" californienne nous a dit à ce propos : " nous construisons le bateau en même temps que nous traversons l'océan". Certains opérateurs se préoccupent néanmoins d'une "démarche qualité" des services. Ainsi, la Western Cooperative for Educational telecommunications a rédigé une "charte des pratiques relatives aux formations diplômantes dispensées par voie électronique".
c) au plan des supports technologiques :
Pour la majorité des interlocuteurs que nous avons rencontrés, la technologie est avant tout un vecteur de changement. Grâce à elle, on peut enclencher un changement institutionnel ou d'organisation.
La technologie apparaît également comme un bon moyen pour mettre l'individu au centre du dispositif de formation. C'est ainsi que Internet met en relation, crée le réseau dans la mesure même où il est consulté et alimenté par ceux qui le consultent. Contrairement à d'autres médias (exemple la TV) on est certes récepteur mais surtout producteur d'informations.
Un des participants au séminaire remarquait très justement que pour la première fois technologie professionnelle et technologie grand public sont les mêmes (on peut créer du jour au lendemain et à quelques milliers de francs son propre site-web, se rendant ainsi accessible à la communauté planétaire des internautes).
4 / Conclusions
Les principales conclusions que nous pouvons tirer de ce déplacement sont les suivantes :
- L'avancée technologique est indéniable. Elle a un impact fort sur la création de nouvelles activités et sur l'emploi (un emploi créé sur deux aux USA est lié aux nouvelles technologies).
- cette avancée est mise à profit par les acteurs américains de la formation et de l'éducation pour développer de nouvelles activités (les services en ligne) et pour se préparer à la conquête de nouveaux marchés (plus particulièrement en Europe).
- Ces développements sont apparemment spécifiques à la réalité culturelle et économique des Etats-Unis. Néanmoins, nous devrions nous attendre à moyen terme à des prolongements en France et en Europe, au travers d'une part de filiales de sociétés américaines, d'autre part des fournisseurs de services en ligne (sur Internet). La mise en place de ces nouveaux services en Europe s'effectuera probablement par le biais d'alliances avec des opérateurs ou des organismes de formations locaux. Certains pays (Grande Bretagne, pays nordiques et scandinaves) sont bien plus réceptifs que nous.
- Les opérateurs américains concentrent pour le
moment leurs investissements sur quelques niches très spécialisées
(en particulier les secteurs de l'ingénieur, la gestion
financière...) mais il n'est pas dit qu'ils ne se tourneront
pas très rapidement vers l'offre de services à plus
large consommation et plus généralistes.
C'est dire, que la question de la concurrence que vont devoir subir les opérateurs français de formation est à prendre très au sérieux. Le système français de formation dispose d'importants atouts dans le domaine du multimédia éducatif et des services en ligne (en particulier pour ce qui est de la qualité des services et des contenus). Mais ces atouts ne sont pas suffisants car il nous manque trois éléments :
- un "appétit" culturel pour cette révolution du savoir,
- une perspective mondiale suffisante, alors que le marché français, voire même le marché francophone sont trop étroits,
- une implication forte des pouvoirs publics afin de faciliter et d'accompagner ce mouvement indispensable, l'Etat fédéral n'étant d'ailleurs nullement absent dans la "stratégie" américaine.